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vendredi 13 août 2010

Bilbao côté visiteur (partie II)

Le Guggenheim a beau être l'attraction centrale de la ville, elle n'en reste pas moins charmante avec d'autres coins bien sympas à visiter (comme je m'occupe ici du côté touriste, mais pour y vivre la ville est très agréable). Petit tour d'horizon des lieux que nous avons visité durant le passage d'Emma pour bien vous montrer que Bilbao, ce n'est pas une ville moche ou industrielle (bien que ses environs le soient) comme il est souvent dit.

El Puente Colgante (Portugalete)


Je le mets en premier parce que je l'aime bien, pour sa valeur historique et parce qu'il s'agit du premier patrimoine du Pays Basque et industriel d'Espagne inscrit au patrimoine de l'UNESCO. Il s'agit du premier pont en fer industriel du monde, datant de 1893. Il permet(tait) de faire passer les marchandises d'un côté à l'autre de la rive afin de gagner du temps et augmenter le volume sachant que Portugalete et toute la côte ouest est la zone industrielle de Bilbao. Ce pont a donc grandement participé à l'essor de la région au début XXe (1). Par ailleurs, on sent que Bilbao a des racines anglaises (les grands industriels s'y installèrent) puisque nombre de bâtiments et pavillons sont propres au style anglais avec la verrière apparente.
Pour info, on peut l'utiliser soit pour 0.3€ avec la plateforme qui accueille les véhicules également ou pour 5€ par la passerelle située à...45m au dessus de l'eau ! Attention à ceux qui ont le vertige !

El Casco Viejo

Déjà parlé dans plusieurs articles mais jamais vraiment présenté, le Casco Viejo est le vieux centre de Bilbao. Les rues sont étroites, les bâtiments typiques et les monuments historiques sont nombreux. On peut par exemple nommé la Catedral de Santiago, le puente de la Merced, la iglesia et le puente de San Antòn (qui forment l'écusson de la ville) ou les très beaux Teatro Arriaga et la Plaza Nueva.
Au milieu de tout ça, il y a nous, il y a moi mais surtout des boutiques très diverses (une pour enfants qui vend des automates, des moulins à vent, des jeux, des costumes..) et des bars, comme la Calle Somera où on ne trouve que ça (et notre QG, le K2)


Les quais de la Ria

On les voit en photo sur l'article "Il n'y a pas de souvenir...", on peut aller du théâtre Arriaga jusqu'au Guggenheim et même le Palais des Congrès (Euskalduna) (2), inauguré peu après le musée et qui dispose d'une architecture elle-aussi moderne, avec des lampadaires en forme d'arbre. Vraiment une balade à faire puisqu'on passe devant l'Ayuntamiento (la mairie), le Zubizuri, les tours Isozaki, l'hôtel Hesperia aux fenêtres colorées ou le superbe puente de la Salve juxtaposé au Guggenheim et se présentant comme une porte d'entrée dans le centre-ville. Je le nommerai bien le Golden Gate de Bilbao pour sa couleur rouge.



Et enfin, les bars


Le centre de tout. Contrairement en France, les bars en Espagne sont très nombreux, dans chaque rue, pour tous les goûts mais toujours avec des tapas/pintxos et des cañas à prix attractif. En plus du bar en bas de chez nous pour regarder les matches de Liga, c'est toujours un endroit sympa pour discuter, rencontrer des gens ou juste passer du temps dehors. D'autres comme Iruña à Abando est d'un classe, Antzokia (3) un bar/disco/spectacle très varié mais beau dans son style théâtre ou le bar The Dubliners, le pub irlandais en plein sur la plaza Moyua qui nous a réservé une soirée très bonne pour le Beatrix Day (le 30 avril), jour national néerlandais. Dans une soirée où on s'est tous retrouvés, on a rencontré de vrais irlandais très sympathiques, bu, peint nos visages des trois couleurs belges ou hollandaises et on a joué avec une vuvuzela qu'on a malencontreusement oublié de rendre (oups !).. Belle ambiance, et sans se ruiner.
D'ailleurs, dans ce bar, je ne commande pas souvent une bière mais une Bulmers. C'est un cidre irlandais jusqu'à 10% excellent qui change de la bière mais qui fait son effet avec son goût de pomme prononcé.


(1) Le site internet du Pont, avec tout l'historique,très riche : http://www.puente-colgante.com/fr/principal.html
(2) Le site internet du Palais des Congrès
(3) Site internet du Kafe Antzokia

lundi 2 août 2010

Bilbao côté visiteur (partie I)


Durant le séjour d'Emma à Bilbao, nous avons donc fait les coins incontournables ou les plus marquants de la ville. Faut bien que je vende ma ville non ?




Ainsi, outre le stade San Mamés, ce jeudi 29 avril fut marqué par la visite du musée mondialement connu de Bilbao, le musée Guggenheim (1), symbole du nouveau Bilbao. Des oeuvres le complètent comme "Maman", l'araignée de Louise Bourgeois ou Puppy, le chien en fleur, de Jeff Kooks. Je l'avais déjà sommairement visité lors de ma troisième semaine...de nuit car le musée propose chaque mois une session Art After Dark où des sets de house electro sont organisés à l'intérieur même du musée en collaboration avec une boîte de nuit (Fever). Durant cette soirée, le live est accompagné d'un bar qui sert de l'alcool et d'une visite nocturne possible des salles principales du musée. Vraiment original et intéressant de découvrir le musée sous un angle de nuit et ...flou après des kalimutxos !



L'architecture du musée par Franck Gehry est incroyable mais regorge de salles spacieuses assez fonctionnelles finalement. Les céramiques de Richard Serra disposent d'une salle dédiée à elles seules, offertes par Arcelor Mittal et l'artiste à l'inauguration du musée. Des céramiques imposantes et compréhensibles, offrant une lecture personnelle de la relativité du temps et de l'espace aux travers de larges tourbillons ou structures déformées longues.
Dans une autre salle, on peut observer les artistes majeurs de la seconde moitié du XXe siècle avec Warhol, Rauschenberg, ou le fameux bleu (La grande anthropométrie bleue) d'Yves Klein. A côté sont tout de même exposées des sculptures d'artistes basques qui ne sont pas oubliés (*)
Le musée présente beaucoup le mouvement de l'expressionnisme abstrait dont Klein est un chef de file.

Les étages suivants sont composées d'expos temporaires comme Glut de Rauschenberg, où son travail est basé sur la récupération de matériaux abandonnés pour en donner une nouvelle signification. L'idée est bonne, les oeuvres sont tirées par les cheveux et deviennent vite sans intérêt tant elles sont répétitives. On ne se contente que de dire "celle-là est jolie".


A côté, l'exposition la plus impressionnante et réputée est celle d'Anish Kapoor, un plasticien sculpteur anglais d'origine indienne. Son travail est lui basé sur la matière, mais surtout sur la volonté d'une oeuvre créée d'elle-même, sans l'intervention physique de l'homme, autoproductrice, et le rapport de l'homme avec son environnement.
Il joue donc sur les effets d'optique, sur les effets de masse. Très sympa à visiter et presque interactif. Ses trois oeuvres majeures sont une table ronde où un pinceau écarte la peinture, l'oeuvre simplement nommée "Yellow" jouant avec l'effet d'optique. Fabuleuse, celle-là car on se rend compte de la profondeur qu'à côté du "tableau" et le canon à peinture "Tirs au coin" tirant une boite de peinture sur une fente sans l'intervention de l'homme bien sûr. Il y a aussi un rapport sexuel à l'oeuvre, facilement reconnaissable. Enfin, après une salle pleine de pigments ressemblant à un amas de caca (2) travaillés grâce à des machines, une autre salle regroupant différents miroirs et jouant donc avec nous dans les effets et notre vision de l'espace et du temps. J'ai vraiment apprécié le travail de Kapoor, également connu pour ses oeuvres à l'air libre comme Clou Gate à Chicago ou Sky Mirror devant le Rockfeller Center à NYC.
Je vous propose un reportage sur cette exposition pour mieux visualiser ce que je dis (c'est plus compréhensible j'imagine !)

A part ça, une salle est bien sûr prévue à la collection privée de la fondation Guggenheim et les oeuvres de l'industriel américain puis de sa femme, sa fille etc où Chagall, Picasso, Kandinsky, de Koening, Ernst, Breton ou Léger entre autres sont présents. Le douanier Rousseau, à l'honneur depuis mai, est également mis en valeur par sa façon moderne de présenter ses sujets.
Apparemment le Guggenheim de New York est plus fourni (et plus ancien également) mais ça reste un passage obligé à Bilbao et un moyen instructif pour rentrer dans l'art contemporain, et l'appréhender à notre échelle.

(*) à ce propos, le Musée des Beaux Arts de Bilbao (4) regorge d'oeuvres basques du XIVe siècle au XXIe, parcourant donc les mouvements et les représentations à la mode. J'y ai donc découvert plusieurs artistes intéressants comme Zamacois, Arrué Valle, Guiard, Zuloaga, Arteta, Egusquiza et bien d'autres encore qui m'étaient inconnus jusque là. Il est intéressant de noter que l'art basque du XIXe est proche de l'impressionnisme français (Guiard), et présente des oeuvres souvent réalistes, montrant régulièrement le quotidien des basques et un rapport facile avec l'activité industrielle de la région à l'époque (voir Arteta). D'ailleurs, Zamacois est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris. Il n'y a pas de fumée sans feu comme on dit..
Pour ceux qui souhaitent y aller, le musée est gratuit le mercredi pour les étudiants et situé à côté du parc Doña Casilda. Difficile de ne pas en profiter au moins une fois donc.



Au fait, au même moment où j'y suis allé, l'exposition temporaire concernait Alberto Schommer, un photographe basque bien entendu, et extrêmement cool à visiter. Ses photos que ce soit les portraits psychologiques comme avec Dali ci-dessous, paysages, ou créations plastiques sont vraiment amusantes, prenantes, saisissantes (au choix).


(1) Site du musée Guggenheim
(2) J'ai réussi à placer ce mot ! Qu'est ce que je gagne ?
(3) Site du Musée des Beaux-Arts de Bilbao


dimanche 1 août 2010

L'Athletic Club de Bilbao, un club unique (Partie II)


Allons, ne passons pas à côté de cette transition trop simple avec les mondialistes bilbainos pour aborder la deuxième partie consacrée à l'Athletic Bilbao.

Nous avons vu la ferveur autour de ce club, je l'ai vécu mais maintenant est venue l'heure de le découvrir de l'intérieur pourquoi ce club est si unique et spécial. Je profite de la venue tant attendue d'Emma, amie de Paris, et qui aime le foot, pour aller visiter le musée de l'Athletic.

Le stade n'est bien sûr pas le plus neuf mais dès l'entrée, nous pouvons observer les maquettes et montages réalisés pour le nouveau San Mamès, qui devrait être livré en 2013 et quasiment au même emplacement que l'actuel. J'imagine déja l'élan architectural et moderne que cela insufflera à Bilbao. Le stade est intégré à la ville et de plus, visible de loin soit grâce à son arc de cercle (depuis mon appartement) soit grâce à son fanion en toile de fond de la calle Licenciado Poza.


Avant la visite du stade, nous nous attardons un peu sur le musée, beaucoup plus petit que celui d'un Real ou d'un Barça au niveau des trophées mais qui respire l'historique et la tradition du club basque. On a donc droit à une expo temporaire d'un ancien entraineur anglais de l'Athletic, Fred Pentland, grand artisan d'une des grandes périodes du club entre 1921 et 1933 remportant 6 coupes d'Espagne et 2 championnats pour 2 doublés coupe/championnats. Un parallèle avec la création anglaise du club (d'où Athletic) et la récente expérience de Del Horno à Chelsea, premier joueur de l'Athletic à jouer en Angleterre, sont également mentionnés.

Les différentes coupes et trophées de champion sont également exposés - mais pas tous car nombreux et l'Athletic est un grand club (sic) - dans le musée en retraçant le club par période ou périple dans une compétition. On notera par exemple une attention particulière à la Coupe d'Espagne, souvent profitable au club. Des photos des équipes gagnantes sont exposées sur les casiers des vestiaires !

Les joueurs sont bien entendu mis en valeur puisque le club est l'unique à déterminer des critères à recruter que basque, dans un périmètre dit de la cantera (formé au pays basque français à Pampelune). On voit donc dans le musée les différentes licences de Guerrero de ses 11 ans à ses 18 ans pour montrer l'une des gloires récentes du club et du centre de formation (également représenté à travers sa réussite dans leur catégorie).



En visitant le stade, on arrive par le coin VIP, il y a un lion, symbole du club, présenté autour des photos de tous les joueurs de l'Athletic ayant revêtus le maillot de l'Espagne de Rafael Moreno "Pitxitxi" (premier meilleur buteur de Liga qui a donné son nom à ce titre ensuite et qui est en statue dans la tribune présidentielle), Zarra à Zubizarreta, Urzaiz, Guerrero, Etxeberria et aux derniers Javi Martinez et Llorente, maintenant champions du monde (ça me rend tellement fier de dire ça..).

Durant la visite, le guide met souvent en comparaison le Real Madrid, le FC Barcelone et l'Athletic, comme pour montrer l'importance du club au niveau national et espagnol, l'un des plus glorieux et historiques du championnat. Il nous raconte aussi le système des socios, où l'abonné a sa place attitrée (beaucoup de demande refusée du fait de la capacité du San Mamès) et peut être actionnaire du club en payant davantage. Le nouveau stade sera donc toujours autant rempli et nécessaire pour l'image du club et contrairement aux nouveaux autres stades, celui-ci sera toujours au coeur de la ville, l'Athletic Club et Bilbao étant indissociables.

En sortant du stade, on se rend donc compte du passé, de la ferveur, de l'identité et du caractère unique de club, le guide aidant bien à assimiler l'Athletic comme Grand d'Espagne. De plus, de par son caractère proche de la ville et respectueux de son passé, de ses traditions et superstitions (ndmm : le président de l'équipe adverse a le siège n°13), je peux que conclure : l'Athletic Bilbao vend du rêve.

8 titres de champion d'Espagne; 24 Copas del Rey; le dernier titre est une Copa del Rey en 1984, mais l'Athletic a fini 2e du championnat en 98 avec Luis Fernandez en entraineur et Lizarazu en défenseur, et a joué la finale de Copa del Rey en 2009.
Joseba Etxeberria, surnommé El Gallo (le coq), a mis un terme à sa carrière cette saison, durant laquelle il a joué gratuitement en signe de reconnaissance pour le club.(1)



Pour ceux qui n'ont pas lu la première partie, L'Athletic Club de Bilbao, un club unique (Partie I).


En écoute : Arcade Fire - The Suburbs

(1) Sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Athletic_Bilbao et le site officiel du club